Clap de fin pour les débats en première lecture sur la réforme des retraites à l’Assemblée : au 13e jour, Edouard Philippe a dégainé samedi le 49-3 pour faire adopter le texte sans vote, et va faire face à des motions de censure de droite et de gauche, selon l’AFP.
Le Premier ministre, pour qui c’est une première, avait obtenu le feu vert du Conseil des ministres à la mi-journée. Il est monté à la tribune de l’Assemblée vers 17h30 pour faire cette annonce surprise, afin de “mettre fin à cet épisode de non-débat” avec les oppositions et “permettre à la suite du processus législatif de s’engager” pour voir aboutir cette promesse d’Emmanuel Macron, sous les applaudissements de la majorité. Le projet de loi sera considéré comme adopté, sauf si une des motions de censure déposées est votée par l’Assemblée nationale, ce qui est hautement improbable. Elles seront débattues en début de semaine.
Les députés LR ont déposé leur motion en premier, disant ne pouvoir “accepter qu’une réforme, que le gouvernement présente lui-même comme la plus importante de ce quinquennat, puisse ne jamais être votée à l’Assemblée nationale”.
La gauche (LFI, PCF, PS) a déposé sa motion peu après, dénonçant “un gouvernement qui piétine la procédure parlementaire” et une remise en question par la réforme de “l’héritage du Conseil national de la Résistance”. Quelques députés de gauche ont rejoint un rassemblement improvisé d’opposants, comprenant des “gilets jaunes”, devant le Palais Bourbon.